Wednesday, July 11, 2007

Les photos de la dyke march



Désolée pour le délai et désolée pour la mauvaise qualité des photos. Ce jour là nous sommes passé du grand soleil en plein air aux rougeoiements du coucher de soleil pendant la marche et mon appareil n'a pas suivis. Et puis aussi, j'avais autre chose à faire que prendre des photos !

Enfin bon, vous les trouverez à cette adresse :

http://s184.photobucket.com/albums/x11/mlleparker/dyke%20march/

En triant ces photos je me suis aperçue à quel point cette journée résonnait encore en moi. J'y ai retrouvé des émotions semblables à celle de ma première gay pride, sans doute un sentiment d'appartenance à une communauté, une culture, une vision du monde.

Finalement, dans la vie de tous les jours, quand on s'est éloigné de la communauté homosexuelle parce qu'on ne peut pas non plus y rester enfermée : ce n'est pas si simple de continuer à savoir qui on est. De continuer à gérer ses contradictions sans succomber à la tentation du conformisme, en apparence rassurant mais en vérité le plus souvent générateur d'angoisses. Pour être plus précise, par exemple, ce n'est pas si simple de faire cohabiter une identité biologique féminine et une identité culturelle qui remet en cause la partition dualiste trop simpliste des sexes en contredisant cette identité biologique. Plus clairement : à trop vouloir être reconnue comme femme on fini souvent par ne plus être reconnue comme lesbienne et vice versa... On croit vivre une contradiction qui n'en ai pas une. Hey, on peut être femme et butch, hey, on peut même être femme et homme, en même temps ! Une après-midi à Dolores Park, un 23 juin ensoleillé suffit à se convaincre que la vie, le désir, les jeux de genre sont bien plus subtils que ce qu'on essaye de nous faire croire, bien plus riches, bien plus joyeux.

Même si en arrivant à San Francisco j'avais déjà sentit la tension se détendre, le regard des autres jauger selon d'autres critères, cette journée au milieu de 10 000 dykes aura sans doute, encore une fois, rassurée en moi la jeune butch de 15 ans qui grandissait à Versailles et ne savait ni comment se coiffer, ni comment s'habiller, ni comment parler, ni comment expliquer son désir...

Je ne m'étendrai pas plus sur le sujet, je pense qu'un roman de 200 pages fera mieux l'affaire ! Mais lesbiennes de tout les pays, si vous le pouvez, venez un jour participer à la dyke march de San Francisco, je suis sure que c'est moins cher qu'un an de thérapie...

Tuesday, July 10, 2007

Hey now, Hey now...

"Hey now, Hey now, don't dream it's over, hey now, hey now..." Alleluia, un nouvel album de Crowded House sort aujourd'hui ! C'était 1987, je découvrais les joies des journées devant MTV en Floride et la voix claire de Neil Finn me suivait partout "they come, they come, to build a wall between us, we know they won't win" Je ne comprennais pas tout, Neil aime bien choisir son vocabulaire, laisser des phrases ouvertes à l'interprétation, peu importe, la forte rythmique du roi de la batterie Paul Hester et les mélodies pop des guitares m'entrainait toujours à chantonner. "Hey now, hey now... they come to built a wall between us, don't ever let them win."


Ensuite, il y a bien eu trois ou quatre tubes, mais dans l'ensemble le groupe est rapidemment passé sous les radars du top 50 malgré quelques succès en Angleterre. En France, personne ne connaissait vraiment. C'était encore mieux ! Moi j'achetais toutes les cassettes (oui, les cassettes, pour le walkman!) et je connaissais toutes les paroles par coeur. Quand on me demande quel est mon groupe préféré je n'ai jamais aucune hésitation. Depuis 20 ans ! Il y a eu de grandes chansons : "Fall at your feet", "Better be home soon", "Together alone" à vous arracher des larmes à chaque fois : "I am still your friend when you are in need as I once will always be"...



Et puis le batteur dépressif à fait des siennes, le frère de Neil, Tim, est bien passé donné un coup de main, mais le groupe a fini par se dissoudre en 1996 après un mémorable concert à Sydney disponible en DVD. Il y a deux ans le batteur a fini par se donner la mort.

Mais ça y est, Crowded house est reformé, part en tournée, et l'album "Time on earth" est sortit. Un vrai plaisir qui s'épanouit après la trois ou quatrième écoute. Le son original de Woodface, le deuxième album, la voix de Tim bien sur et toujours cette energie qui leur permet de ne jamais en faire trop. Pas d'effets impressionnants, pas de "son nouveau", de provocation ou de cris. Juste la poesie simple, efficace, vraie, de Tim et les ritournelles qui trottinent dans la tête. Le single c'est : "Don't stop now", qui semble anodin mais qu'on n'oublie plus "all I want is something I can write about, all I want is something I can cry about. Don't stop now." Ma préférée c'est "She called up" avec son refrain irrésistible et la petite note ironique de synthé : " A wisper that can blow a chasm wide, it took us all, it took us all... She called up and give me the news... lalalalalala". Mention spéciale pour "Even a child" qui commence très plat puis s'envole comme souvent les chansons de Crowded House "Even a child know you can't fake it, a promise is only given once..."

Allez donc écoutez sur my space : http://www.myspace.com/crowdedhouse


"I know, you got to fight the plan, you got to bend the rules..."

Thursday, June 28, 2007

Only in San Francisco

Deux publicités dans le même bus.



Comment survivriez-vous pendant 72 heures ? A gauche à coté des sushis : sympa à avoir, à droite à coté des boites de thon : ce que vous devez avoir !



Alors qu'une loi interdisant de fumer dans les parcs vient d'être adoptée, SF pride vous informe que le Civic Center Plaza et le UN Plaza deviendront des espaces non fumeur pendant les fêtes de la pride de cette année : depuis quand la cigarette fait-elle partie de notre communauté ?

Wednesday, June 27, 2007

Un week end de folie -deuxième partie- Le défilé

Dimanche, pour la parade, l'ambiance s'annonçait radicalement différente. Déjà il a fallu y être à 10h 30 du matin. Et puis, à San Francisco, la pride elle-même est très différente de ce qu'on connait à Paris. Seules les associations et divers groupes défilent, le public reste sur le trottoir derrière les barrières. C'est certainement moins amusant mais le message est beaucoup plus fort. Cela donne au défilé un coté 14 juillet de la planète gay.

Nous sommes donc restés là, au soleil sur Market street, entre les buildings, à regarder défiler : les parents gay, les parents de gay, les cyclistes, les cuirs, les latinos, les barbies mais aussi, les policiers, les pompiers, les éboueurs, les avocats, google, bud light, delta airlines... A peu près tous les groupes imaginables, près de 200, accompagnés de stars, d'héros de la cause, du maire, de quelques sénateurs et d'officiels de la villes en tout genre - dont la nouvelle "police commissionner", chargée de superviser la police qui est transsexuelle et directrice de "Good vibrations" le plus célèbre sex shop de San Francisco... Il y en avait en tout pour plus de 4 heures ! On sort de là avec la très claire conviction que oui, évidement, bien sûr, il y a des homosexuel(le)s, bisexuel(le)s, transsexuel(le)s partout dans la société.

Ensuite, vers 15 heures donc, tout le monde s'est dirigé vers la mega fête qui s'étale dans toutes les rues qui entourent City Hall (la mairie). 400 stands en tout genre, 8 scènes, une pour les asiatiques, une pour les latinos, une pour les filles, une pour les transsexuels etc... Plusieurs centaines de milliers de personnes... A vraie dire : un petit peu trop pour moi. A ce moment là j'ai commencé à sentir une immense fatigue tomber sur moi mais ce genre de fatigue qui dessine un léger sourire sur vos lèvres, la fatigue des enfants qui ont joué toute la journée, qui est autant physique à vrai dire, qu'émotionnelle.

J'ai toutes sortes de souvenirs plein la tête et, je ne sais pas encore dans quelle mesure, ou je ne sais pas encore comment le dire, mais je sais que je ne suis déjà plus la même.

Monday, June 25, 2007

Un week end de folie -première partie- Rien que du bonheur!

Et voilà, j'ai fait une gay pride à San Francisco, je peux cocher une case sur ma liste...

Mais d'abord un petit paragraphe pour le festival de films dont je garde un fantastique souvenir. Je n'avais pas forcément dans l'idée d'aller draguer en boite tous les soirs alors du cinéma, c'était parfait comme activité pre-pride. Tous les films n'étaient pas de la même qualité mais j'ai terminé en beauté avec Jeudi : "Nina's heavenly delight" qui mélange le suspens d'un concours de curry à Glasgow dans la communauté Pakistanaise, et une histoire d'amour. Et Vendredi : "Out at the wedding", l'histoire d'Alex qui, pour ne pas avouer à son père qu'elle épouse un homme d'origine africaine se retrouve à dire qu'elle est lesbienne puis à engager une lesbienne pour jouer sa petite amie afin de couvrir son mensonge ! L'ambiance était internationale et très conviviale, et puis, cela m'a permis de passer la semaine dans le Castro et la Mission au milieu d'un arc en ciel d'individus assez incroyable.

Après mise en ambiance, Samedi après midi, sous un soleil éclatant, j'ai rejoint les pentes herbeuses de Dolores Park et une dizaine de millier de lesbiennes pour le début de la Dyke march. Comme prévu nous avons eu les chants d'indiens américains puis un bon millier de lesbiennes seins nus qui écoutaient plus où moins les conseils du docteur sur la scène... Puis ont suivis, les danses africaines, les chanteuses de folk, les hip hoppeurs transsexuels, les poétesses, les discours engagés etc etc... La bière coulait à flot, certaines pique niquaient, cela sentait bon toutes sortes d'herbes, un peu partout tout le monde profitait du soleil, de la musique et de l'ambiance. A un moment je me suis dis que, contrairement à ce qu'un rapide premier regard pourrait laisser croire, l'énergie qui se dégageait de l'évènement restait incroyablement féminine. Je me souviens d'un pauvre hetero un peu perdu qui essayait vaguement de récupérer l'attention de sa petite amie en parlant fort et en rigolant mais, dans ce cadre, il devenait totalement anecdotique, sans importance. Autour de lui une dizaine de lesbiennes aux cheveux courts et aux épaules carrées semblaient bien plus à l'aise dans leur forme de masculinité que lui.

Vers 7 heures, c'est le vrombissement d'une centaine de moto qui nous annonça le début de la marche proprement dite. Il était temps de se diriger vers le croisement de Dolores et 18th pour aclamer les dykes on bikes qui sont ici de véritables stars. Puis nous étions parties pour une boucle d'environ 2 kilomètres dans Mission. Je dois dire que derrière une unique sono, au milieu de ces dix milles femmes qui se contentent d'envahir la rue, j'ai enfin retrouvé un peu du frisson de ma première gay pride. Sur les trottoirs et aux fenêtres les spectateurs acclamaient le défilé et avaient préparé des pancartes pour participer à leur manière, les filles soulevaient leur tee-shirt pour nous montrer leur seins, les policières acceptaient amicalement de poser pour les photos... De quoi mettre un sourire sur toutes les bouches alors que le soleil se couchait derrière les collines, illuminant de rouge le haut des palmiers.

Ensuite, et bien on était partis pour une soirée dans le Castro : le pink Saturday. Le principe est simple, on ferme Castro street aux voitures dans l'après midi, on met les soeur de la perpétuelle indulgence au service d'ordre et une immense sono avec des DJ et en avant jusqu'à minuit ! Avec la dyke march qui arrive juste à coté et toutes ces filles qui n'ont toujours pas remis leur tee-shirt, l'ambiance est... Sympathique. Il flotte un clair parfum de bacchanale mais malgré l'immense foule, j'ai été étonnée par le sentiment de sécurité qui se dégage de l'évènement. Comme si la possibilité d'être soi-même et le sexe rendait enfin toute violence suranée...

Après tout ce bonheur, il était temps d'aller se coucher pour être en forme pour le défilé du lendemain mais je pense que je me souviendrai de ce samedi ensoleillé de Juin.


PS les photos suivront plus tard

Sunday, June 24, 2007

Saturday, June 23, 2007

Pride, not prejudice


Est-ce que ce n'est pas le meilleur slogan de gay pride jamais trouvé ? (amis non-anglophile pensez Jane Austen....)

Et bien ça y est : le castro est plein à craquer. Étonnement la foule est bien plus diverse que ce que j'attendais : des filles et des garçon, des vieux et des jeunes, toutes les couleurs et toutes les tailles. On parle allemand, français, italien, suédois, texan. Tout le monde ne se comprend pas mais tout le monde souris, dans le bus au drug store... La grosse différence avec Paris c'est qu'ici s'organise avant tout, j'ai l'impression, une gay pride internationale, après tout SF est une petite ville et on attend plus de 200 000 personnes à la parade de Dimanche, ce qui représente tout de même un tiers de la population de la ville...

Hier c'était la trans march mais j'étais au festival de film - je vous parlerai plus tard de "nina's heavenly delight" et "out at the wedding" - aujourd'hui c'est la Dyke March, (pour les élèves du fond de la classe une dyke c'est une gouine et oui, c'est fait exprès et oui, il n'y a que nous qui avons le droit de le dire), une marche qui permet d'exprimer des revendications spécifiques aux femmes, cette année : un meilleur système de santé qui s'occupe spécifiquement des femmes et arrête de laisser les entreprises pharmaceutique inventer chaque année une nouvelle hormone cancérigène.

L'après midi commence par un concert dans Dolores Park qui s'ouvre traditionnellement par une "bénédiction" opérée par une tribu de natives américaines, et un auto examen collectif de nos poitrines (à la recherche de tumeur dans un premier temps au moins ) dirigée par une doctoresse... A 7h du soir, après diverses festivités, on part dans les rues de San Francisco derrière les "dykes on bikes" avec la sono, le parcours n'est pas divulgué à l'avance puisqu'aucune autorisation n'est demandée au système patriarcal... Les garçons sont les bienvenus du moment qu'ils restent sur les cotés... Ca promet...

Et demain à 10h30 parade sur Market Street et fiesta au civic center... Je vous raconterai tout ça plus tard après un ou deux jours de récupération...