Et voilà, j'ai fait une gay
pride à
San Francisco, je peux cocher une case sur ma liste...
Mais d'abord un petit paragraphe pour le festival de films dont je garde un fantastique souvenir. Je n'avais pas forcément dans l'idée d'aller draguer en boite tous les soirs alors du cinéma, c'était parfait comme activité pre-pride. Tous les films n'étaient pas de la même qualité mais j'ai terminé en beauté avec Jeudi : "
Nina's heavenly delight" qui mélange le suspens d'un concours de curry à
Glasgow dans la communauté Pakistanaise, et une histoire d'amour. Et Vendredi : "Out
at the wedding", l'histoire
d'Alex qui, pour ne pas avouer à son père qu'elle épouse un homme d'origine africaine se retrouve à dire qu'elle est lesbienne puis à engager une lesbienne pour jouer sa petite amie afin de couvrir son mensonge ! L'ambiance était
internationale et très conviviale, et puis, cela m'a permis de passer la semaine dans le
Castro et la Mission au
milieu d'un arc en ciel d'individus assez incroyable.
Après mise en ambiance, Samedi après midi, sous un soleil éclatant, j'ai rejoint les pentes herbeuses de
Dolores Park et une dizaine de millier de lesbiennes pour le début de la
Dyke march. Comme prévu nous avons eu les chants d'indiens américains puis un bon millier de lesbiennes seins nus qui écoutaient plus où moins les conseils du docteur sur la scène... Puis ont suivis, les danses africaines, les chanteuses de folk, les
hip hoppeurs transsexuels, les
poétesses, les discours engagés etc etc... La bière coulait à flot, certaines pique
niquaient, cela sentait bon toutes sortes d'herbes, un peu partout tout le monde profitait du soleil, de la musique et de l'ambiance. A un moment je me suis dis que, contrairement à ce qu'un rapide premier regard pourrait laisser croire,
l'énergie qui se dégageait de l'évènement restait incroyablement féminine. Je me souviens d'un pauvre hetero un peu perdu qui essayait vaguement de récupérer l'attention de sa petite amie en parlant fort et en rigolant mais, dans ce cadre, il devenait totalement anecdotique, sans importance. Autour de lui une dizaine de lesbiennes aux cheveux courts et aux épaules carrées semblaient bien plus à l'aise dans leur forme de masculinité que lui.
Vers 7 heures, c'est le vrombissement d'une centaine de moto qui nous
annonça le début de la marche proprement dite. Il était temps de se diriger vers le croisement de
Dolores et 18
th pour
aclamer les
dykes on
bikes qui sont ici de véritables stars. Puis nous étions parties pour une boucle d'environ 2 kilomètres dans Mission. Je dois dire que derrière une unique sono, au milieu de ces dix milles femmes qui se contentent d'envahir la rue, j'ai enfin retrouvé un peu du frisson de ma première gay
pride. Sur les
trottoirs et aux fenêtres les spectateurs acclamaient le défilé et avaient préparé des pancartes pour participer à leur manière, les filles soulevaient leur tee-shirt pour nous montrer leur seins, les policières acceptaient amicalement de poser pour les photos... De quoi mettre un sourire sur toutes les bouches alors que le soleil se couchait derrière les collines, illuminant de rouge le haut des palmiers.
Ensuite, et bien on était partis pour une soirée dans le
Castro : le
pink Saturday. Le principe est simple, on ferme
Castro street aux voitures dans l'après midi, on met les soeur de la perpétuelle indulgence au service d'ordre et une immense sono avec des
DJ et en avant jusqu'à minuit ! Avec la
dyke march qui arrive juste à coté et toutes ces filles qui n'ont toujours pas remis leur tee-shirt, l'ambiance est... Sympathique. Il flotte un clair parfum de
bacchanale mais malgré l'immense foule, j'ai été étonnée par le sentiment de sécurité qui se dégage de l'évènement. Comme si la possibilité d'être soi-même et le sexe rendait enfin toute violence
suranée...
Après tout ce bonheur, il était temps d'aller se coucher pour être en forme pour le défilé du lendemain mais je pense que je me souviendrai de ce samedi ensoleillé de Juin.
PS les photos suivront plus tard