Monday, June 18, 2007

Plein les yeux !

D'accord, si il y a un domaine ou San Francisco ne peut pas écrabouiller Paris c'est bien le cinéma. D'accord. Mais vous n'avez pas vu la salle du Castro theatre avec son bandonéon qui accompagne les pub et son décors rococo... Ici le festival de film LGTB c'est Frameline et il a 31 ans, il est dispercé dans trois salles de Castro et Mission et dure 11 jours. C'est "Les témoins" de Téchiné qui a fait l'ouverture, et comme c'est "la vie en rose" qui, il me semble, a ouvert le festival international de films il y a deux mois, je me dis que ça va pour le cinéma français, même si c'est pas exactement ma tasse de thé...


Mais revenons à Frameline. En regardant les programmes je me suis dit une chose. Le cinémas homo a l'air de faire enfin autre chose que du cinéma homo. J'ai l'impression que l'on sort du jeune Trevor qui sort du placard et s'engueule avec son père et de Linda et martha qui veulent faire un bébé. Peu à peu. Le choix d'histoire à l'air varié et passionnant mais on verra après une semaine de visionage parce que pour l'instant je n'ai que trois scéances derrière moi.

Hier soir il n'y avait plus de place pour le prometteur "Shelter", un film californien de Jonah Markowitch mais je reste sous le charme de l'accent anglais de Lisa Gornick la scénariste- réalisatrice- productrice- actrice de "Tick Tock lullaby" qui en plus est venue présenter son oeuvre. Ce film traite pour une fois de façon très intuitive et intime et non biologique ou légale de ce que ça veut dire pour une femme, passé trente ans, l'idée d'avoir un enfant, d'en vouloir un ou de ne pas en vouloir. Il mélange de façon souvent éclairante les histoires d'un couple de lesbiennes qui voudrait draguer un mec pour peut-être..., d'une célibataire qui décide soudain de coucher avec n'importe qui pour tomber enceinte et d'un couple hétérosexuel dont la femme ne veut pas d'enfant, ou au moins, pas avec cet homme...

Dans ces trois histoires les femmes jouent avec l'idée de la maternité, se battent avec leur peurs et leurs fantasmes et le film s'arrêtera de toute façon avant même que l'ont sache si elles sont enceintes parce qu'il travaille avant tout sur le symbolique. A un moment, Sarah, la lesbienne dont nous suivons principalement l'évolution, jouée par Lisa Gornick qui est donc aussi réalisatrice, s'interroge et pense à toutes ses grand mères, celles qui ont parcourues la Russie, sont arrivées jusqu'à la Turquie pour qu'elle puisse profiter de sa vie à Londres, "Faut-il que je sois la dernière branche de cette généalogie ? Qu'est-ce qu'elles en penseraient ?" se demande-t-elle. Et elle nous emmène ainsi dans un voyage qui interroge les genres, le sexe, le pouvoir, la confiance... Je ne m'attendais à vrai dire pas trop a entrer dans ce film, parce que bon les lesbiennes et les bébés c'est un peu comme je le disais plus haut la tarte à la crème des histoires de lesbiennes mais j'ai été heureusement surprise par une vraie personnalité... Avec un accent anglais... A voir.

Aujourd'hui, c'était plus politique avec d'abord une série de moyen métrage sur la religion, le sida, le chalking (l'art de laisser des messages sur le trottoire avec une craie!), les politiciens gays aux usa et les gays dans la police. (C'est toujours une expérience de visionner un films avec huit lesbiennes membre de la Sf police assises derrière soi... ) Et j'ai enchainé sur un documentaire "The fall of 55" commentant une chasse au sorcière qui s'est déroulé en 1955 à Boise (Idaho) et c'est terminé par l'emprisonnement d'une dizaine d'hommes pour "actes immoraux".

Je continue demain, peut-être avec le dernier Eytan Fox ("walk on water") intitulé "bubble", je vous donnerai des nouvelles (enfin je ne sais pas vraiment si j'ai un public quand je fais "pointu" comme ça mais au moins ça me permet de garder une trace... Et c'est Mon blog ;) )

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