Friday, May 25, 2007

It is a period of civil war...

Mais non, rassurez-vous, je ne vous fais pas le coup de l'appel du 18 Juin mais aller... Cherchez... "It is a period of civil war. Rebel spaceships, striking from a hidden base, have won their first victory against the evil Galactic Empire." Voilà, vous avez trouvé. C'était il y a très longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine : le 25 Mai 1977, alors ami(e)s rebelles - oui, je sais que cela ne vous inclut pas tous - je vous propose un instant de recueillement pour les trente ans de Star Wars et... Que la force soit avec vous !

Plus sérieusement, alors que je faisais la vaisselle en me demandant si j'allais encore me rendre ridicule en essayant d'expliquer pourquoi Star Wars a eu autant d'impact sur mon existence qu'Emmanuel Kant, j'ai d'un seul coup trouvé un meilleur sujet d'investigation : et si tout pour moi avait commencé avec Star Wars ? Je m'explique...

En France, la saga n'allait commencer que le 19 Octobre, j'ai donc vu "A new hope" à l'âge de 5 ans et demi. Cette année là, mes parents avait essayé d'aller vivre à New York. De là-bas, mon père m'avait envoyé des cassettes qui me parlaient de taxi jaunes, d'écureuils gris et de yaourts congelés gros comme des pots de fromage blanc, des messages venus d'un monde lointain où il vivait des aventures passionnantes. J'avais bien failli y aller dans ce monde lointain, très lointain, mais on n'avait pas voulu de nous quand ma mère était revenue me chercher... Alors papa avait fini par revenir et un mois plus tard il savait déjà qu'il y avait une chose à ne pas rater : Star Wars !



Je me souviens bien que ma mère ne m'a pas pas laissé voir le début du film, les colère de Darth Vader et surtout cette étrange scène avec Leïa et le petit robot noir qui va lui faire des choses pour la forcer à parler... Je me souviens d'avoir adoré R2D2 et C3P0 et d'avoir été fascinée par Luke Skywalker et sa capacité à sauter dans le vide en embarquant une princesse sous son bras au passage. Cet homme était extraordinaire et je voulais sa coupe de cheveux !

Alors, j'ai commencé à dormir avec un sabre laser (un vrai rouge, qui s'allumait) et à tendre la main vers les pots de yaourt avec l'espoir qu'un jour l'un d'entre eux sauterait dans ma paume. Mais au-delà de ça, je sais aussi que j'ai commencé à rêver d'un pays magique où on pouvait vivre des aventures extraordinaires, ou on fabriquait des sabres laser et où on croyait probablement aux Jedi. Imaginez aussi que mes parents m'avaient ramenée un blouson doré, un tee-shirt de football américain qui m'arrivait au genoux, une lunch box (les américains amenaient leur déjeuner à l'école, ils n'avaient pas à subir la cantine!) et un skate board ! Les Etats Unis n'avaient pas finis de m'émerveiller.

Enfin, ces réflexions sur la naissance de mon rêve américain m'ont amenée à d'autres considérations : je sais pertinemment que j'étais fascinée par Leïa et sa robe blanche mais je n'ai jamais voulu me faire des tresses, je n'ai jamais voulu être une princesse même chef de la rébellion, je crois plutôt que je savais déjà que j'étais un Jedi, que je maîtriserai la force et que j'irai moi aussi un jour sauver des princesses ! Obiwan l'avait dit, il fallait croire son instinct ! Que mes parents me contredisent si je me trompe mais je crois bien que c'est cette année là que j'ai commencé à refuser catégoriquement de porter des robes ou des jupes, c'était ma dernière année de maternelle. Je sais cela n'a plus l'air si cool d'avoir Luke Skywalker comme rôle modele mais je ne savais pas encore que Leïa aussi avait la force et que Carrie Fisher deviendrait plus tard un écrivain toujours aussi sexy alors que Marc Hamill allait se détériorer à la vitesse de la lumière... A cinq ans et demi, je ne savais pas encore tout. Au moins je n'ai pas honte de compter Leïa parmis mes premiers amours et après tout est-ce que Luke n'est pas quasiment une lesbienne parfaite selon au moins les critères de l'audiovisuel avec sa sale coupe, son destin totalement désexualisé et ses tendances new age ?! Hum... De nouvelles perspectives d'interprétation de la première trilogie s'ouvre à moi...




En tout cas, trente années plus tard, même si - et ce n'est pas faute d'essayer - je ne peux toujours pas faire bouger des pots de yaourt par le simple pouvoir de ma volonté, je suis aux Etat-Unis, dans le pays des frozen yogurt, dans la ville de Georges Lucas, et j'invente toujours des histoires de princesse à délivrer et de quêtes initiatiques...

Et avant que vous ne me le fassiez remarquer, oui j'ai appris depuis que les princesses préfèrent les Han Solo et que les Luke Skywalker sont destinés à se torturer leur propre tête dans des grottes... Mais il était trop tard... Et oui, les révélations du retour du Jedi m'ont sûrement perturbées mais j'étais déjà plus grande !

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