Friday, May 18, 2007

Honte

Une partie de mon cerveau le savait : quand on vit dans le déni un jour la vérité vous attend au tournant et vous vous prenez un sale coup sur le nez. Je ne voulais pas voir. J'avais supprimé toutes les unes françaises de ma page d'accueil, je n'allais pas lire, je préférais prendre l'air et le soleil à San Francisco ! Mais ce matin j'ai craqué, au fond de mon crane, une voix me demandait de constater l'inimaginable...

Ça y est. Elle a gagné la mégère qui brandissait sa bible dans l'enceinte de l'assemblée nationale, elle est ministre de la France celle que j'ai vu lâcher ses bouledogues rasés sur des militants d'Act Up au cri de "les pédés au bûcher" alors qu'à l'assemblé d'autre bouledogues, en cravate ceux-là, comparaient l'idée d'un couple homosexuel à de la zoophilie la faisant rire à gorge déployée, elle va s'occuper de la ville l'envoyée de l'opus deï qui organisait encore récemment des prises d'otage de cliniques pratiquant l'avortement... Et Kouchener s'empresse de prendre sa part de gâteau à ses cotés le misérable, et Bachelot perd à tout jamais sa dernière ombre de dignité... J'ai bien failli en vomir mon petit déjeuner.

Ça y est. La France a un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Et moi j'ai honte. Jusqu'à maintenant je crois que cela résonnait comme une blague : ce n'était pas possible. Si. Seul un étourdissant silence résonne dans ma tête... Un ministère de l'immigration et de l'identité nationale...

Et je ne veux même plus me battre contre ce pays malade qui n'a jamais rien appris de son passé malodorant et qui oublie toujours trop vite ses sursauts de génie. J'ai craché Versailles loin de moi, je ferai pareil avec la France. De cette ville haïe j'aurais au moins appris cela, on peut tourner le dos, on peut partir. Je ne suis plus française : je viens de France, et il y aura désormais dans ma voix la même honte que lorsque j'avoue que je viens de Versailles.

3 comments:

Anonymous said...

C'est extremement dur pour nous tous. Nous voyons sa tête toute contente de sa victoire, et restons là, impuissants, confits de stupeur tellement la scène est dure.
Mais se battre nous allons, car avec nous la force est. Et quand tu reposeras un jour peut-être le pied sur le sol français, nous l'aurons débarassé de Boutin, de Sarkozy, de De Villier, etc. (Le Pen sera déjà mort) et tu seras accueillie à la sortie de ton avion par le comité de réaclimatation des expatriés à la France moderne, everything-in-the-world-that-should-not-even-be-a -problem-friendly, ouverte sur sa culture et sur les autres parce que sereine et sage. Mais en attendant, San Francisco semble être une bonne terre d'accueil.
Ps: j'arrive !

Anonymous said...

Peut être n'as tu pas lu les projets de l'administration américaine concernant les immigrés.
Je te recommande la lecture du NY Time très éclairante à ce sujet.
On est des débutants dans ce domaine.
Cela dit, nous avons abrogé la peine de mort et si tu commets trois petits délits tu ne terminera pas ta vie en prison (3 strike and you are out.
Il n'empèche qu'il faut résister, résister et résister.

Juliette said...

Le serpent se mord même si bien la queue que Sarkozy dit prendre modèle sur l'amérique. Mais nous ne parlons pas de la même amérique. Il y a toujours eu Nixon d'un coté et de l'autre, san francisco, l'été 67 et les mouvements de libération des noires, des femmes et des homosexuels.